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Il permet aussi une liaison entre les
régions plus au Nord du Québec, la Haute-Mauricie et le
Lac-Saint-Jean et les États-Unis par le Vermont. Près de
28,000 véhicules traversent le pont quotidiennement.
A l’ouest, le pont Jacques-Cartier (1929) donne accès à
Montréal par Longueuil, au sud. A l’est, le pont Pierre
Laporte relie St-Nicolas, au sud, à Sainte-Foy, au nord,
tout près de Québec. Il est situé immédiatement à côté du
pont de Québec (1917). UN PEU D’HISTOIRE
Le nom du pont a été choisi en l’honneur du fondateur de
Trois-Rivières, le sieur de Laviolette, qui avait été envoyé
par Samuel de Champlain pour construire une habitation et un
fort à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice. La première
habitation est construite le 4 juillet 1634. Trois-Rivières
sera le troisième nouveau fort (Québec, 1608, et Fort de
Richelieu, dans l’île de Sainte-Croix) de la colonie et
servira en même temps de poste de traite de fourrures avec
les Hurons, les Algonquins et les Montagnais.
Au début de la colonie, la traversée du fleuve Saint-Laurent
entre Trois-Rivières et Sainte-Angèle-de-Laval s’effectue en
canot d’écorce pendant l’été et en raquette pendant l’hiver.
Les communications sont souvent interrompues au printemps et
à l’automne.
Différents modes de transports sont utilisés au cours des
siècles pour effectuer la navette entre les deux rives.
Jusqu’au début du XIXè siècle, des chaloupes dont la coque
repose sur des patins, sont utilisées l’hiver. L’été, elles
sont remplacées par les horseboats qui sont des bateaux mus
à l’aide de chevaux grâce à une courroie sans fin actionnant
des roues à aube. À partir de 1880, les traversiers à vapeur
assurent le transport des passagers et des marchandises. Le
Cité de Laviolette, construit en 1962 et d’une capacité de
80 automobiles, assurera le service de traversier jusqu’à
décembre 1967.
LA DEMANDE POUR UN PONT
La rumeur publique veut que dès la fin du XIXè siècle, les
résidents des villes et des villages sur les rives nord et
sud du Saint-Laurent au centre du Québec demandaient aux
gouvernements du Canada et du Québec de construire un pont
pour permettre le développement du «Centre géographique de
la province». Le traversier étant déjà perçu comme
insuffisant pour répondre à la demande. Le Nouvelliste,
journal de la région, a suivi le dossier du pont Laviolette
pas à pas et en fut un promoteur actif et agressif avec la
radio CHLN 550. Ces deux média existent toujours
aujourd’hui. Dans son édition du 9 avril 1946, Le
Nouvelliste mentionne que la construction du pont est
discuté au parlement d’Ottawa. Le député Dubois de
Nicolet-Yamaska présente une motion pour que le gouvernement
mette à exécution une motion déjà adoptée en 1936.
A partir de cette année-là et jusqu’à 1964, année du début
de la construction, diverses manifestations publiques auront
lieu en faveur de la construction du pont : réunions de
personnes influentes dans le milieu, création d’un fonds qui
atteindra 30,000$ pour défrayer les coûts d’une étude de
faisabilité , 500 résolutions d’appui aux démarches des
députés, etc.
Et bien sûr la construction fit aussi partie de promesses
électorales et fut l’enjeu de la campagne de 1960.
LES JUSTIFICATIONS
Dès le début et tout au cours de la démarche pour la
construction, les mêmes justifications furent avancées :
lien entre les deux rives, communication facilitée au coeur
de la province, source d’emploi pour les chômeurs ,
développement de l’industrie, de l’agriculture, du commerce,
du tourisme, création d’emplois et un atout majeur pour
amener un prospérité générale. L’union des deux régions en
accélérera le développement. On va même jusqu’à ajouter que
ce sera un bon placement pour le pays.
Dans son éditorial du 1 juin 1954, Le Nouvelliste parle
de relier, souder, unir les deux rives en une seule région.
«Ces deux parties de pays ne forment qu’une seule entité
sociale et économique avec les mêmes aspirations, les mêmes
besoins et les mêmes possibilités».
Le président du comité pour le Pont, monsieur Jean Wickendon,
ingénieur, prédit un grand progrès industriel et commercial
des deux côtés du Saint-Laurent.
UNE RÉGION MOTIVÉE
Une longue suite d’activités ont motivé toute la région
durant presque 20 ans jusqu’au début de la construction,
soit de 1946 à 1964.
1953 - La Chambre de commerce de Trois-Rivières forme un
comité chargé du dossier de la construction.
1954 - Début d’une campagne pour ramasser des fonds publics
qui atteindra rapidement 30,000$.
1954 - Le Dr Pratley, ingénieur conseil, remet un premier
projet sur la faisabilité de la réalisation de la
construction. Les coûts sont estimés à 12,5 M$.
1956 - Formation de la corporation du Pont.
1962 - Le premier ministre Jean Lesage autorise la
corporation à emprunter 30 M$.
1964 - Début des travaux.
1965 - Le gouvernement du Québec autorise l’emprunt de 20 M$
de plus. Il en absorbera les coûts au complet.
DIFFICULTÉS
Pendant la construction, des difficultés surgissent et les
travaux prennent du retard.
En mars 1963, le gouvernement d’Ottawa pose des objections à
l’emplacement du pont.
Le 8 septembre 1964, survient un tragique accident :
l’explosion d’une pile du pont fait céder un caisson sous la
pression de l’eau, causant la mort de douze ouvriers.
RÉALISATION
Enfin, le pont est terminé et il est inauguré le 20 décembre 1967
par le ministre de la Voirie, monsieur Fernand-T.
Lafontaine.
IMPACT
«Le pont Laviolette, érigé au coût de 50 M$, se présente
aujourd’hui comme un des instruments les plus efficaces au
développement régional». (Le Nouvelliste, 6 septembre 1975).
La construction du pont a permis également le développement
du parc industriel de la ville de Bécancour où l’on trouve
plus de 2000 emplois et un nombre important d’industries
variées.
Des investissements de plus de 3 milliards de dollars et des
retombées économiques incalculables.
ÉCLAIRAGE
Assez curieusement, l’éclairage du pont s’avère minimal dès
son inauguration. À mesure que la circulation augmente, les
municipalités environnantes, appuyées en cela par les
citoyens, font des pressions auprès des ministères concernés
pour améliorer la situation et rendre plus sécuritaire non
seulement les approches mais aussi la traversée du pont
lui-même.
Dans son éditorial du 6 septembre 1985, Le Nouvelliste fait
ressortir ce problème qui inquiète bien du monde.
L’éclairage des phares d’automobiles et l’attention des conducteurs
eux-mêmes, voilà qui n’est pas très sécuritaire, alors que
l’achalandage augmente et la vitesse de la circulation
aussi. Comme l’écrit l’éditorialiste, l’éclairage de ce pont
magnifique devient une nécessité.
MOTIVATION. LA SECONDE PHASE
Le pont Laviolette est reconnu comme :
un impact majeur pour le développement régional ;
un point de jonction vital entre deux moitiés du Québec
après cent ans de tentatives de communication ;
un symbole de l’unité régionale par la jonction des rives
nord et sud.
Et comme on peut le lire dans Le Nouvelliste du 20 décembre
1997, p. 3, où l’on souligne le 30è anniversaire de
l’inauguration :
«Après 30 ans, le pont Laviolette est devenu l’objet
d’identification par excellence de la région à l’extérieur
de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Il fait d’ailleurs
notre fierté, d’autant plus que cet ouvrage de grande
envergure a été conçu par des Québécois».
«Au cours de toutes ces années, il a su inspirer nombre d’artistes-peintres
et continue à faire les délices, non seulement des
photographes mais de tous les citoyens qui reconnaissent
dans cette superstructure métallique un ouvrage d’art
absolument remarquable qui est un véritable régal pour les
yeux».
«Vu de la Rive-Sud ou de la Rive-Nord, vu de l’Est ou de
l’Ouest, le pont Laviolette a toujours la même forme mais il
prend 1000 teintes et 1000 couleurs différentes, suivant le
temps qu’il fait et la luminosité qui existe dans le
firmament. Le pont, au lever et au coucher de soleil,
constitue souvent en soi un vrai spectacle».
LA STRUCTURE
Les coûts de construction sont estimés à 50 M$ en incluant
les approches, dont 35 M$ pour le tablier.
D’une longueur de 2707 mètres, en incluant les approches, sa
charpente métallique est la plus longue au Québec.
La travée centrale de 375 mètres épouse la forme d’une arche
d’une portée de 270 mètres. Elle repose, à ses extrémités,
sur des charpentes en porte-à-faux d’une longueur de 33
mètres prolongeant des travées d’ancrage de 167 mètres.
L’arche supporte le tablier à l’aide de câbles fixés à la
pièce de charpente inférieure du vaste centre à chaque
joint. Le diamètre de ces câbles varie entre 5,24
centimètres et 7,62 centimètres.
Le tablier du pont est en béton armé d’une épaisseur de 19
centimètres.
Il s’étend sur 1375 mètres en 33 dalles. La dalle de
roulement, d’une largeur de 14,6 mètres et divisé en 4 voies
carrossables, e est recouverte d’un revêtement d’asphalte de
5 centimètre d’épaisseur. Deux chasse-roues de 72,3
centimètres ont été aménagés de part et d’autre de la
travée. Le pont atteint une largeur totale de 16,7 mètres.
Les approches nord et sud du pont ont été construites au
moyen de poutres d’acier et de béton précontraint. Elles
sont supportées par 26 piles de béton. L’ensemble du pont
repose sur 34 piles.
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